Acceptons la mort et déconfinons.


Face à la menace que constituait le COVID 19 lors de son apparition, le confinement était indispensable et a été, sans aucun doute, salutaire. Il était impératif (i) d’interrompre la propagation du virus, (ii) d’adapter notre système de santé et (iii) d’éduquer la population sur la manière de se comporter pour limiter les risques.


Malheureusement, ce remède présente des effets secondaires terribles. L’impact du confinement sur l’activité économique de notre pays est sans précédent. Les effets psychologiques liés à l’isolement sont lourds, voire dramatiques. Certaines conséquences du confinement seront irréversibles.


Dans ce contexte, le débat autour du déconfinement fait rage. Quand (et comment) devrions-nous déconfiner ? Il est vraisemblable que le virus ne disparaisse pas à court terme et que son (éventuel) vaccin ne soit pas opérationnel avant de nombreux mois. Dès lors, la dangerosité du virus demeure telle qu’au premier jour. La différence avec le début de l’épidémie réside dans (i) la mise à niveau de notre système de santé et (ii) l’éducation de la population. Ces deux paramètres ont une incidence très forte sur la mortalité liée au virus. Nous sommes désormais en capacité de limiter les cas mortels. Mais nous ne pouvons les éluder totalement.


Alors, la question qui se pose - mais qu’une certaine pudeur semble interdire de formuler clairement - est celle de savoir si nous sommes prêts, pour libérer notre pays, à accepter que des personnes meurent du Covid 19 par l’effet du déconfinement ?


Nous le devons.


Le caractère exceptionnel du virus et de ses conséquences sur notre mode de vie ne doit pas nous faire oublier que la mort fait partie de notre quotidien et que nous nous devons de l’accepter. Nous l’avons toujours fait jusqu’à maintenant. Prenons l’exemple d’un autre virus : le VIH (Sida). Le virus a été identifié pour la première fois en 1981 puis formellement caractérisé en 1983. Selon les statistiques publiés en 2018, 74,9 millions de personnes ont été infectées par le VIH depuis le début de l'épidémie et 32 millions sont décédées de suite de maladies liées au sida(https://www.unaids.org/fr/resources/fact-sheet). Près de 40 ans après son apparition, aucun vaccin n’a été élaboré. Nous ne sommes ainsi pas parvenus à éliminer le VIH. Nous n’avons pour autant pas interdit les rapports sexuels. Nous nous sommes adaptés. Nous avons réinventé notre sexualité et généralisé l’utilisation du préservatif. Certains diront que la comparaison ne serait pas pertinente car les virus sont trop différents. Prenons alors un exemple beaucoup plus général : les accidents de la route. Nous ne sommes pas parvenus à les éviter totalement. 1,3 millions de personnes meurent sur la route chaque année dans le monde. Nous n’avons pourtant pas interdit la circulation routière. Nous avons élaboré des mesures de sécurité et acceptons de vivre avec les risques inhérents à ces modes de transport. Les autres exemples, tirés des principales causes de mortalité, sont tout aussi parlants (https://www.fhpmco.fr/2019/12/12/fhpmco-causes-mortalite-france/).


De la même manière que pour les autres risques auxquels nous nous sommes accoutumés, nous devons nous adapter face aux risques liés au Covid 19. Nous adapter pour apprendre à vivre avec ce virus. Vivre différemment, certes, mais vivre quand même. Et la clé réside dans le fait d’accepter la mort que le virus ne manquera pas de causer. Alors déconfinons de manière responsable mais assumée.


Plutarque a dit : « L’insensé est plus préoccupé de la crainte de la mort que du désir de vivre. »


Ne nous laissons pas tromper par la crainte de la mort et embrassons la vie avec ses dangers et ses espérances. Libérons nos vies et notre pays.

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